Des marques qui démarquent les adolescentes

Publié le par Miss Zigouzis

Il y a celles qui s'habillent comme des Lolitas : au grand plaisir - ou à la vive inquiétude - de leurs mères, qui se flattent - ou s'effraient - de voir " leur bébé " s'essayer à mettre en valeur ses atouts féminins...
Certains fabricants surfent sans scrupule sur les exigences de ces jeunes consommatrices (trops ?) averties ? Jeans tailles basses, strings pailletés, top au dessus du nombril ou jupes si courtes qu'elles ne sont portables que sur... un pantalon !




Il y a celles qui cultivent le look garçon manqué ou sportive androgyne. Ne jurant que par les baggies hyper confortables (sauf en cas de sprint) ou les survets Nice ; les basquets rétro Konverce ou les Ribouc hightech.
Quoi qu'elles en pense, les mamans sont unanimes sur un point : " qu'est-ce que c'est cher le made in china ! "








Et puis il y a celles qui cherchent à montrer qui elles sont à travers leur look. Elles craquent, sans jamais flamber, se démarquent, sans rechigner pour autant sur les marques, pourvu que ces dernières, portées à titre d'accessoire, disent quelque chose d'elles-même plutôt que de les transformer en " femmes-sandwichs ".

C'est en pensant à ces dernières que Zigouzis a sélectionné des vêtements originaux et dans l'air du temps.

Pucca

« Be-Girl », fabricant officiel des vêtements féminins à l’effigie de « Pucca », propose cet été des robes tuniques et une variété de tees mettant en scène la petite coréenne à la bouille aussi ronde que ses couettes dont les adolescentes fan de manga raffolent.

 


 

 


Saya

Après le succès de Poudre de perlimpinpin et ses superbes créations pour enfants, Hélène Séroin se lance dans la mode pour jeunes filles avec « Saya ». . Zigouzis a sélectionné pour l’été les robes et les tee-shirts des collections ethniques « Mali » et sixties « Lollipop » : des vêtements agréables à porter et à assortir.



David & Goliath

So british ! « David et Goliath » concoctent à la « Stupid Factory » des collections de tees basés sur une autodérision féminine très second degré du type « estime toi heureuse que je ne sois pas ton enfant » !

 



Lili la tigresse

 « Lili la tigresse » crée depuis dix ans des tee-shirts d’inspiration rock, reggae ou manga qui cotoient des stops porteurs de messages rigolos. Les filles en sont folles et  veillent jalousement sur leur modèle au cas où il viendrait l’envie à leur mère de les porter ! Zigouzis propose une jolie gamme version marcel, manches courtes ou top.






Comment naissent les jeunes filles ?

(...) Analysons la transformation des habitudes vestimentaires, présentée avec une remarquable homogénéité par les adolescentes, comme marquant les étapes de la socialisation adolescente, et voyons comment les changements pubertaires sont appréhendés par les jeunes filles aux différents moments de leur maturation sociale.

Dans la petite enfance, les vêtements des filles portent les signes de leur appartenance familiale. Ce sont des habits de « petites filles » ou de « petites filles sages », selon l’expression de jeunes filles qui, justement, ne se perçoivent plus comme telles. Une fois devenues « jeunes », elles portent les signes corporels de cette nouvelle appartenance : elles sont « cool » ou « sport » ou « garçon ». Les signes de la puberté demeurent alors peu visibles sous les vêtements et les jeunes filles ne les prennent généralement pas en compte.

Puis deux cas se présentent. Soit les jeunes filles deviennent plus féminines sur invitation de leur mère, qui désigne ainsi la maturation sexuelle de leur enfant : les changements pubertaires les plus visibles s’inscrivent alors dans une logique et une temporalité familiales, et les adolescentes ajustent un peu plus tard leur style à celui de leurs pairs. Soit les jeunes filles présentent leur changement de style vestimentaire comme une décision toute personnelle ou mûrie dans leurs échanges avec les autres adolescentes : les changements pubertaires les plus visibles s’inscrivent alors dans une logique et une temporalité de la jeunesse, et le style des adolescentes s’apparente immédiatement à celui de leurs pairs. Les jeunes filles s’habillent alors « classique », c’est-à-dire conformément à l’usage qui leur semble le plus répandu, ou « passe-partout ». (...)


Myriam Courteille
CERLIS, université Paris 5,
45, rue des Saints-Pères, 75006 Paris

Article diffusé sur le site CAIRN


« Quitter l’enfance au plus vite, du moins en apparence »

(...) Ces jeunes sont nés dans une société où l’image tient une place prépondérante, à travers les médias, le cinéma, l’informatique, les images en 3D, l’hologramme, etc. Du coup, c’est leur « look » qu’il vont s’évertuer à changer en premier.

Dès le CP, les fillettes vont délaisser leurs poupées et transposer ce qu’elles leur faisaient sur elles-mêmes : choisir leurs tenues et des barrettes avec des petits cœurs, se faire la raie en zigzag... Les garçons vont vouloir se coiffer en « pics » (ah ! l’importance du gel capillaire !) et avoir un « look cool ».
Ils déclinent ainsi de manière subversive la pression parentale qui leur commande de se tenir tranquilles. Ils vont donc avoir l’air avachi en s’habillant avec des tenues amples et des pantalons en accordéon.

L’objectif est de quitter l’enfance au plus vite. Du moins en apparence. En effet, au cours de l’adolescence, il y a comme des retours de flamme de cette enfance qui n’a pas été consommée véritablement de l’intérieur. Les jeunes passent ainsi d’une phase à l’autre sans réellement en avoir fini avec cette époque-là.
L’habillement des jeunes filles en dit long à ce propos. D’un côté, elles vont copier les stars du show-biz en portant des tenues « loanesques », des petits hauts moulant leur poitrine et exhibant leur nombril. De l’autre, elles vont accrocher un nounours à leur sac à dos qu’elles utilisent un peu comme un « cache-fesses » pour atténuer le caractère provocateur de leur tenue. Paradoxalement, elles ressentent le besoin de se protéger du regard des autres, surtout si elles lisent de la concupiscence dans les yeux des adultes. Elles jouent sur plusieurs tableaux et, finalement, on sent bien qu’elles sont en délicatesse. (...)

Xavier Pommereau
Psychiatre des hôpitaux, chef de service de l’unité
de l’adolescent au CHU de Bordeaux, Xavier Pommereau
est aussi membre de l’Observatoire de l’enfance et
de l’adolescence auprès du ministère de la Jeunesse,
de l’Éducation nationale et de la Recherche. Il est aussi l’auteur
de deux ouvrages : L’adolescent suicidaire, éd. Dunod ;
Quand l’adolescent va mal, éd. J’ai lu n° 7147.


Article diffusé sur le site du CNDP


Trop femmes, trop vite

Naguère, on aurait dit «coquette». Aujourd'hui, on entend «ma fille, c'est une lolita». Dans la bouche de la mère qualifiant ainsi sa gamine de 8 ans, il s'agit d'un compliment. La référence à l'héroïne de Nabokov est oubliée. Le marketing, lui, exploite toute l'ambiguïté du terme, en flattant les filles prépubères. A qui on proposera, par exemple, des tee-shirts marqués «Flirt» ou des strings taille fillette. Une manière de les érotiser comme le sont de plus en plus leurs aînées dans la publicité comme dans les médias ? C'est du moins ce que dénonce l'Association américaine de psychologie (APA) dans un rapport paru le 19 février et intitulé «la Sexualisation des filles» (1). Autrement dit, quand «la valeur d'une personne se fonde exclusivement sur son sex-appeal». Selon les psychologues de l'APA, le phénomène «prend de l'ampleur et est dommageable pour les filles». Se gardant de jouer les pères la pudeur, les chercheurs distinguent les âges : «Ce qui est inapproprié pour une enfant de 6 ans peut être normal pour une lycéenne.» Dirigé par Eileen Zurbriggen, le groupe a passé en revue près de 300 études publiées depuis deux ans sur la culture de masse américaine. Là où, malgré le puritanisme ambiant, foisonnent les concours de minimiss, encouragées à aguicher en battant leurs faux cils. Le constat interpelle d'autant que les exemples américains tendent à se répandre, culture mondialisée oblige. Extraits du rapport.

Clips : le corps en fragments 
C'est l'univers d'une «sexualisation à outrance», selon le groupe de psychologues. Que ce soient «par les tenues provocantes ou dénudées» portées par les femmes ; par la manière dont celles-ci servent d'objets décoratifs, dansant ou posant «sans jouer d'aucun instrument» ; par la façon de les filmer en insistant sur des fragments de corps. Une sexualisation illustrée également par des chanteuses comme Christine Aguilera et Britney Spears : au passage de l'adolescence à l'âge adulte, elles ont joué de leur image sexuelle bien plus que de leur éventuel talent artistique.

Chansons : des paroles avilissantes 
Si l'amour, voire la sexualité, constitue un des socles traditionnels des chansons populaires, le groupe de travail relève, depuis peu, une façon «extrêmement dégradante» de se référer aux femmes. Exemple : des paroles comme So blow me bitch, («suce-moi, salope»). Pas tout à fait le même registre que celui de Boris Vian et de son Fais moi mal, Johnny... Sur 164 chansons ayant les faveurs des ados, une étude, citée par l'APA, en a repéré 15 % ayant un contenu sexuel avilissant, «la plupart issues du rap et du r'n'b».

Cinéma : où sont les femmes ? 
Dans la production filmique américaine des années 80, les chercheurs ont constaté la «présence asymétrique de la nudité» chez les femmes et chez les hommes, dans un rapport de 4 à 1. Autre tendance notable : la «quasi-absence de personnages féminins» dans la centaine de succès classés tous publics entre 1990 et 2004. Parmi les 4 000 personnages de ces films, 75 % étaient masculins ; 83 % des figurants dans les foules étaient des hommes. Signe d'une «occasion manquée» de présenter un large spectre de filles et de femmes dans des rôles non sexualisés.
Dessins animés : le décolleté de la Petite Sirène 
Difficile d'y débusquer des contenus à caractère sexuel. Ouf. Mais, en cherchant bien, les psychologues américains ont fait une trouvaille : aujourd'hui, les figures féminines de Disney, telles la Petite Sirène et Pocahontas, sont «plus décolletées, moins habillées et dessinées plus sexy» que leurs devancières Blanche-Neige et Cendrillon.

Magazines : «hot» et «sexy» 
Le nombre de magazines ciblant les ados aux Etats-Unis est passé de 5 en 1990 à 19 en 2000. Une augmentation jugée «dramatique» par les auteurs du rapport. Thème dominant de ces publications :  comment avoir un look «hot» et «sexy» ? La question est déclinée à longueur d'articles, de couvertures, de pubs et de photos. Que ce soit via la coiffure, les cosmétiques, la mode, les régimes, le sport, «tout vise à rendre la lectrice objet du désir masculin», résume le rapport. «La sexualité y est à la fois un moyen et un but, la quête du mâle étant le pôle unique de la vie.»

Pub : frontières brouillées 
Pas de surprise : la sexualisation des femmes y est «particulièrement dominante». Si les publicitaires évitent d'érotiser directement les petites filles, ils tendent néanmoins à les représenter en «modèles réduits de la version adulte». Autre signe de sexualisation, «le distinguo entre femmes et filles est parfois brouillé». Cela se produit quand les fillettes ou les adolescentes sont «adultifiées», et alors déguisées en femmes. A l'appui de cette tendance, les psychologues citent le lancement de CosmoGirl!, de ElleGirl et de Teen Vogue, entre 2001 et 2003. L'érotisation est là, mais adaptée à l'échelle : il s'agit alors «non pas de plaire à son homme mais à un copain». 
Autre versant du brouillage, les femmes peuvent être «gaminisées», portant alors des tenues qui leur donnent l'air de petites filles : vêtues en écolière, sucette à la bouche, couettes et socquettes. Ce qui a été qualifié dès 1994 de «mode pédophile».

Jouets et vêtements : bouche pulpeuse et ventre à l'air 
Les auteurs du rapport ont dans le nez les poupées Bratz, qui sont parfois vêtues de «minijupe et bas résille».  «Préoccupant», jugent les psychologues, s'agissant de jouets destinés à des 4-8 ans. L'exemple de Bratz a fait des petit(e)s. Chez Mattel, à côté de Barbie, la gamme My Scene s'adresse explicitement à des «lolitas». Ou chez Hasbro, dont les poupées trolls, grassouillettes et asexuées des années 60, ont été rebaptisées Trollz, avec bouche pulpeuse et ventre à l'air.
Au rayon vêtements, l'APA estime «inquiétant que des filles, de plus en plus jeunes, soient incitées à porter des vêtements dessinés pour mettre en valeur la sexualité féminine». Cette sexualisation des habits a commencé il y a vingt-cinq ans, avec la publicité pour un jean Calvin Klein : la jeune Brooke Shields, alors âgée de 15 ans, y déclarait «il n'y a rien entre moi et mon jean». 

(1) www.apa.org/pi/wpo/sexualization.html


Marie-Dominique ARRIGHI
Libération du jeudi 8 mars 2007


PHENOMENE : "Adonaissantes" et bêtes de mode

 

Actu Ados / Monde - 03/11/2003 00:00

 

Les 9-14 ans sont une mine d'or pour la mode. Nées avec la pub et la télé, plus faciles à séduire... que leurs aînées !

Emmanuelle n'a que neuf ans et demi mais sa chambre, tapissée de posters dédicacés de Jenifer, Nolwenn, Eminem, Britney Spears, ressemblent à celle d'une ado de 14 ans. «Too young for boys, too old for toys», dit-on de ces fillettes grandies trop vite. Trop grandes pour les joujoux, trop jeunes pour les garçons, mais... pas pour la mode! Avec leur rose paillette, pantalon taille basse, tee-shirt asymétrique et leurs tocades, les fillettes de 9 à 14 ans sont en train de devenir un créneau pour les professionnels de la mode et de la beauté.

D'ailleurs, coincées entre l'enfance et le début de l'adolescence, entre les poupées Barbie et les premières rêveries amoureuses, on les a baptisées les «tween» (de between) ou «adonaissantes», pour répondre aux «teen»: Ce secteur des 10-15 est, dans la mode enfantine, le plus porteur actuellement

Flairant la bonne affaire, les marques enfantines se sont encanaillées. DPAM (Du pareil au même) lance «Rubber wheel girls», une collection «girly» à souhait, assez moulante, (avec graffitis, petits patchworks, manches mitaines). Dans le même esprit, la griffe familiale Kiabi monte au créneau «côté miss», pour les filles de 9 à 13 ans: mini-kilt, tunique asymétrique, tee-shirt mangas, pantalon multipoches... Et Levi's, après avoir ouvert une première boutique rien que pour les filles, lancera en février prochain sa collection Lady Levi's, beaucoup plus «fille» pour les 12-18 ans, nettement plus «girly», avec décolletés et couleurs pimpantes

La couture n'est pas en reste. Depuis deux ans, Dior a exploré le filon de la «girly», c'est d'ailleurs le nom de la prochaine collection croisière, fait de rose et de strass. John Galliano lui-même observe d'un ½il très attentif l'évolution de la collection «baby». Au programme: les répliques des modèles adultes, ceinture à strass, jupette en jean brodé à franges, et tee-shirt «Dior j'adore» qui a fait un tabac auprès de ces petites filles

Chez Christian Lacroix, la collection junior, avec ses tee-shirts sérigraphiés et micro-kilts patchés à porter sur des jeans brodés est directement inspirée de la ligne Bazart, donc... très Lolita

Plus jeunes, moins sage

«Paradoxalement, chez les adolescentes, les plus jeunes sont les plus sexy, affirme Isabelle Pollet. Après avoir fait une étude pour le dentellier Noyon, on s'est aperçu que les fillettes de moins de quinze ans en raffolaient.» Idem pour les strings qui apparaissent maintenant en taille 10 ans (!) dans les grandes surfaces. «A partir de 16 ans, à l'âge des premiers flirts, les filles s'assagissent", analyse Isabelle Pollet. Et retournent à une lingerie beaucoup plus sage.

Une chose est sûre: les petites filles ont sacrément grandi. En cause: le phénomène connu maintenant sous le sigle de KGOY «Kids getting older younger, comprenez: les enfants deviennent vieux plus vite» explique Isabelle Pollet.

Le psychologue Christian Taillard, consultant pour le groupe Smoby – qui lance un karaoké façon «Star Academy» sur le marché – renchérit: «Avant, elles s'identifiaient au modèle maternel. Aujourd'hui, dès l'âge de 5 ans, elles savent qu'on peut être femme, donc dans la séduction... avant d'être mère.» D'où cette revendication de «look de petite séductrice»

Barbie elle aussi a pris un coup de vieux. Déclinée même version doudou (au corps souple), la belle blonde est aujourd'hui devenue l'icône des toutes petites (3-6 ans) tandis que les grandes de 8-9 ans se jettent sur les Flavas, Barbie version streetwear, en dreadlocks, top ras-du-nombril et jean délavé, qui ressemblent à des adolescentes de 16-17 ans

A quoi doit-on cette évolution de la fillette à la girly? Aux enfants, plus éveillés qu'avant? Aux parents qui lâchent un peu plus de lest, considérant que leurs bambins ont, déjà, un pied dans la pré-adolescence? Le pédopsychiatre Marcel Rufo tempête, lui, devant l'emploi de ce vocable. «Les pré-ados sont une pure invention sociologique. Ce sont les parents qui ont fabriqué les pré-ados... Tout simplement parce qu'ils estiment que leurs enfants sont trop grands pour être éduqués. Ou parce qu'ils n'ont plus envie de le faire."

En matière de fringues, une chose est sûre: ces petites lolitas n'ont pas franchement besoin de leçons de mode. Elles se font leur propre éducation, via les magazines qui leur sont consacrés. Il y a eu Muteen, Lolie, Julie... Depuis quelques semaines, les éditions Milan ont lancé Manon, pour les 6 ans et plus, premier magazine féminin pour fillettes, avec courrier du c½ur, une page psycho et une double page make-up. Lolie et Julie proposent de vraies pages de mode: s'habiller à la manière d'Avril Lavigne, ou à façon Pop Art

Il leur suffit de regarder les clips pour s'apercevoir que leurs modèles d'identification ont rajeuni: Avril Lavigne, Britney Spears, Lorie, Mélissa Mars une jeunette de 16 ans, et Priscilla, 14 printemps, à côté desquelles la pulpeuse Alizé (19 ans) fait figure de vétéran.
«Etant donné que 26 % des filles veulent devenir chanteuses, nous avons l'oeil sur les clips quasiment tous les jours», nous dit-on au bureau de style Carlin, où Edith Keller, la PDG de l'agence, avait «tilté» la première devant le jean taille basse effrangé à la taille porté par Mariah Carey, pour le dupliquer avec succès dans le magasin No Boys

Ce sont d'ailleurs les plus jeunes qui sont les plus influençables. Si, à 15 ans, elles maîtrisent déjà leur look, à 12 ou 13 ans elles sont encore en pleine influence. C'est une tranche d'âge qui, selon Ronan Chastellier, auteur du livre Le Marketing jeune, fonctionne dans l'hyperidentification à une idole, une marque ou un phénomène de mode. Une bonne aubaine pour les marques

Griffes candidates à la «Star Ac' »

Le jackpot? C'est, pour une marque, d'habiller les starlettes du moment. «Les petites chanteuses raffolent de Lili la Tigresse, et surtout des tee-shirts mangas», nous confie David Zmirov, dont l'agence de presse habille nombre de ces lolistars. Pour son clip A vingt ans, Lorie est arrivée habillée de pied en cap en Kanabeach, une griffe streetwear. Et a assuré toute sa promo en tee-shirt manga qui affichait carrément le logo «Lili la Tigresse». Une promo en direct live sur tous les écrans

Quant à la starlette punky Avril Lavigne, le simple fait de porter un tee-shirt vert et or Wilkesboro – du nom d'une école élémentaire – a défrayé la chronique (en particulier le site e-bay, qui en a vendu trois cents en quelques jours). En ce moment, ce qui fait saliver le marketing, c'est surtout la «Star Ac'» et la téléréalité. Les griffes se battent pour s'approprier la petite étoile, comme Lansay ou Quo Vadis, qui font un carton avec la bagagerie et les fournitures scolaires. Côté fringues, Kiabi vient de lancer une ligne «Star Academy».

Coeur de cible les 9-13 ans, comme toujours, avec des micro-kilts écossais, robe asymétrique en maille Stretch, tee-shirt à logo, pantalon multipoches (Une affaire bigrement lucrative, comme celle qui consiste à vêtir les locataires du château de pied en cap. Et tant pis si on n'apparaît pas sur le générique. On compte bien sur le talent fouineur des ados pour repérer les griffes. «On a fourni aux candidats des débardeurs réversibles camouflages, des polaires rouges et kaki, nous dit-on chez Schott. Et, comme par hasard, ces produits sont en réassort permanent. Notre chance: que Lukas, le petit brun, et Sofia, plutôt leaders dans le château, portent du Schott... »

Chouchous et paillettes..

Pinces à cheveux strassées Betty Boop, chouchous, trousse de maquillage, la beauté est l'autre secteur en plein essor chez les «tween». «Avant, on se maquillait à 12-13 ans. Aujourd'hui, le premier geste maquillage, c'est plutôt vers 9-10 ans à l'occasion de la première boum», confirme Hélène Capgras, responsable beauté à l'agence de style Martine Leherpeur. Entre le kit fard à paupières trouvé chez FAO Schwartz ou la Grande Récré, plus proche du déguisement, et les lignes Pupa ou Styla (réservées aux grandes ados), il y avait un créneau à prendre. Dans lequel les marques de cosmétiques se sont engouffrées.

Yves Rocher, qui reste «la» griffe référence des fillettes, fait un carton. Sephora Girls, qui, après avoir lancé une ligne de bain, développe en cette fin d'année les lignes de maquillage. On trouve même chez Lancôme, du vernis «peel off», qui se retire comme un post-it. Les ingrédients qui font mouche? Du pailleté, du fruité, du ludique. Avec ses parfums de vanille, pomme verte, ses barrettes strassées Betty Boop, son packaging en forme de toupie (Animal, chez Bang of the Door), et ses sticks pour les lèvres parfumés au chocolat chaud (Debby, chez Monoprix). L'enfance n'est pas si loin..

(1) Auteur de Tout ce que vous ne devriez jamais savoir
sur le sexe de vos enfants (éd. Anne Carrière)


Les jumelles sortent leur griffe en France

Avec leur minois boudeur et leurs cheveux méchés, les comédiennes américaines Mary-Kate et Ashley, 17 ans pile, sont partout : en DVD, en série télévisée («Les Jumelles s'en mêlent») et maintenant... en exclusivité chez Auchan. La griffe Mary-KateandAshley a déboulé dans les linéaires de l'hypermarché le 15 octobre. Au programme : style «mili» (tee-shirt kaki sérigraphié) ou girly (jean brodé), veste en jean brodé col fourrure. Pour compléter le look, montres, cosmétiques, vanity... Le tout girly bon genre sans être Lolita. La griffe, numéro un pour ados aux États-Unis (150 millions de chiffre d'affaires), était attendue de pied ferme par les petites ados. «Nous avons reçu une montagne de courrier chez Auchan», confie le directeur du marketing, qui compte aussi... faire venir les parents via leurs filles

 



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C
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H
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