Divine Cousette : une fée bienfaisante qui pique et coud des morceaux de rêve
« Comme nous dansons devant
Le buffet bien souvent
On a toujours peu ou prou
Les bas criblés de trous
Qui raccommode ces malheurs,
De fils de toutes les couleurs ?
Qui brode, divine cousette,
Des arcs-en-ciel à nos chaussettes ? »*
Cinquante ans après que Georges Brassens ait salué les talents de La femme d’Hector, Zigouzis rend hommage au talent d’Apolline, une nouvelle « fée bienfaisante » qui pique et brode la polaire, l'éponge et la fourrure synthétique avec la farouche volonté d'en voire naître « des diffuseurs de sourires, des éclaboussures de bonne humeur ».
Des morceaux de rêve qui touchent tout autant les adultes que les enfants
Apolline est née et a grandi sur la côte vendéenne, de parents qui tenaient – quel rêve ! – un magasin de jouets. « Je garde de cet univers de peluches et de figurines plastiques une attirance pour les couleurs vives et les apparences enfantines. Quant à la campagne vendéenne, sa faune et sa flore me sont indispensables : j'y puise l'énergie, le rythme et les formes de mes créations ».
Du plus loin qu’elle se souvienne, la jeune femme a toujours eu besoin d'activer ses dix doigts : « j'ai commencé à "coudrilloter " vers 6 ou 7 ans. Après des études d'Arts plastiques à la fac de Rennes, je suis devenue pour un temps professeur d'Arts plastiques en collège. »
La création tient une place de plus en plus importante dans la vie d’Apolline et de son plasticien d’homme. D’abord pour les copines et leurs enfants, des sacs rigolos et quelques drôles d’animaux naissent de la rencontre de couleurs et de matières : « j'affectionne les tissus au point que j'ai toujours l'impression de les modeler plus que de les coudre ».
Le bouche à oreille faisant vite et bien son oeuvre, une petite collection prend forme. Un jour, Apolline envoie quelques photos chez Zigouzis en sollicitant mon (humble) avis : je pense tout simplement que nous avons affaire à LA Divine Cousette du XXIe siècle dont je suis drôlement fière d’être la première à vous proposer les créations !
* Georges Brassens, La femme d’Hector, 1957
Voir les créations de Divine Cousette ? Clik !
En notre tour de Babel
Laquelle est la plus belle
La plus aimable parmi
Les femmes de nos amis?
Laquelle est notre vrai nounou
La petite soeur des pauvres de nous
Dans le guignon toujours présente
Quelle est cette fée bienfaisante
C'est pas la femme de Bertrand
Pas la femme de Gontrand
Pas la femme de Pamphile
C'est pas la femme de Firmin
Pas la femme de Germain
Ni celle de Benjamin
C'est pas la femme d'Honoré
Ni celle de Désire
Ni celle de Teophile
Encore moins la femme de Nestor
Non, c'est la femme d'Hector.
Comme nous dansons devant
Le buffet bien souvent
On a toujours peu ou prou
Les bas cribles de trous...
Qui raccommode ces malheurs
De fils de toutes les couleurs
Qui brode, divine cousette,
Des arcs-en-ciel a nos chaussettes?
C'est pas la femme de Bertrand
Pas la femme de Gontrand
Pas la femme de Pamphile
C'est pas la femme de Firmin
Pas la femme de Germain
Ni celle de Benjamin
C'est pas la femme d'Honoré
Ni celle de Désire
Ni celle de Teophile
Encore moins la femme de Nestor
Non, c'est la femme d'Hector.
Quand on nous prend la main sacre
Bon dieu dans un sac
Et qu'on nous envoie planter
Des choux a la santé
Quelle est celle qui, prenant modèle
Sur les vertus des chiens fidèles
Reste a l'arrêt devant la porte
En attendant que l'on ressorte
C'est pas la femme de Bertrand
Pas la femme de Gontrand
Pas la femme de Pamphile
C'est pas la femme de Firmin
Pas la femme de Germain
Ni celle de Benjamin
C'est pas la femme d'Honoré
Ni celle de Désire
Ni celle de Teophile
Encore moins la femme de Nestor
Non, c'est la femme d'Hector.
Et quand l'un d'entre nous meurt
Qu'on nous met en demeure
De débarrasser l'hôtel
De ses restes mortels
Quelle est celle qui remue tout Paris
Pour qu'on lui fasse, au plus bas prix
Des funérailles gigantesques
Pas nationales, non, mais presque?
C'est pas la femme de Bertrand
Pas la femme de Gontrand
Pas la femme de Pamphile
C'est pas la femme de Firmin
Pas la femme de Germain
Ni celle de Benjamin
C'est pas la femme d'Honoré
Ni celle de Désire
Ni celle de Teophile
Encore moins la femme de Nestor
Non, c'est la femme d'Hector.
Et quand vient le mois de mai
Le joli temps d'aimer
Que sans écho, dans les cours,
Nous hurlons a l'amour
Quelle est celle qui nous plaint beaucoup
Quelle est celle qui nous saute au cou
Qui nous dispense sa tendresse
Toutes ses économies de caresses?
C'est pas la femme de Bertrand
Pas la femme de Gontrand
Pas la femme de Pamphile
C'est pas la femme de Firmin
Pas la femme de Germain
Ni celle de Benjamin
C'est pas la femme d'Honoré
Ni celle de Désire
Ni celle de Teophile
Encore moins la femme de Nestor
Non, c'est la femme d'Hector.
Ne jetons pas les morceaux
De nos coeurs aux pourceaux
Perdons pas notre latin
Au profit des pantins
Chantons pas la langue des dieux
Pour les balourds, les fesses mathieux
Les paltoquets, ni les bobèches
Les foutriquets, ni les pimbêches,
Ni pour la femme de Bertrand
Pour la femme de Gontrand
Pour la femme de Pamphile
Ni pour la femme de Firmin
Pour la femme de Germain
Pour celle de Benjamin
Ni pour la femme d'Honoré
La femme de Désire
La femme de Teophile
Encore moins pour la femme de Nestor
Mais pour la femme d'Hector.